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un francais, homme/femme



essai
L’écriture inclusive ou faites le test « Bisous à tous deux »…
La re daction du journal ReSPUBLICA (pour plus d’informations suivez ce lien) refuse de se confor-mer aux injonctions pro nant l’e criture dite inclusive. Cette position s’appuie sur le dossier re uni par Catherine Kintzler dans Mezetulle, sans nier que des e volutions sont en marche dans la langue fran-çaise du point de vue du vocabulaire et peut-e tre demain de la syntaxe.
Voici la position de la philosophe Catherine Kintzler exprime e en novembre 2017 (tout le dossier ici sur Mezetulle) pour alimenter le de bat qui a vu le jour a l’AG de l’Encre bleue en mars dernier. (De bat, il faut le rappeler, qui a permis des e changes passionne s. Les be ne voles de L’Encre bleue ont une anne e pour se faire une opinion. Ce point sera mis a l’ordre du jour de l’AG 2020, lors de laquelle il faudra trancher - note de la re daction de BILL).
Au moment ou la discussion sur l’e criture dite « inclusive » semble atteindre son e tale de haute mer, je propose ci-dessous une re capitulation des articles publie s sur Mezetulle (l’ancien et le nouveau) a ce sujet et sur la fe minisation des termes. On trouvera dans les notes de ces diffe rents textes d’autres re fe rences enrichissant la re flexion.
Je saisis l’occasion pour ajouter une pie ce au dossier. Le test « Bisous a tous deux » re ve le que l’e cri-ture « inclusive » et ge ne ralement la novlangue acharne e a se parer les sexes non seulement sont exclusives, mais qu’elles proce dent a une « invisibilisation ».
Tout re cemment, en e crivant un me l a un couple ami – compose , cela a son importance, d’un homme et d’une femme – je me suis rendu compte non seulement que je ne pouvais pas m’adresser a eux comme couple en pratiquant l’e criture inclusive, mais aussi que la diffusion de celle-ci risque de rendre difficile une expression vraiment inclusive me me pour ceux qui ne la pratiquent pas.
« Chers tous deux » : c’est ainsi que j’ai l’habitude de commencer les courriels que je leur envoie. Mais la novlangue politiquement correcte re clamant la spe cification sexue e jette le discre dit sur cette formule, au motif qu’elle « invisibilise » le fe minin. Si cette novlangue se re pand et devient norme, l’usage extensif (de signant les deux genres et en l’occurrence les deux sexes) au pluriel du genre non-marque (dit improprement masculin) ne sera plus compris. De sorte que la formule « Chers tous deux » se ratatinera sur un sens intensif ; elle ne pourra e tre utilise e que pour s’adres-ser a deux personnes de sexe masculin…
Bien su r je peux pratiquer l’e vitement absolu et e crire « Cher X, che re Y », mais je pourrais aussi bien m’adresser ainsi a deux personnes ne formant pas un duo (en l’occurrence un couple). Parler d’un duo compose d’un homme et d’une femme ou s’adresser a lui : c’est vraiment le moment d’e tre in-clusif ! Alors essayons de recourir a l’e criture inclusive et voyons si elle inclut tant que ça.
Je me lance. Pas facile. En plus il y a ce fichu accent sur « che re »… . En plus qu’est-ce que je vais faire du « t » qui n’apparaî t pas au pluriel du genre non-marque et qui apparaî t au genre marque aussi bien au singulier qu’au pluriel ?
J’e vite la difficulte technique en optant pour la simplification : d’emble e je mets l’ensemble au plu-riel. « Chers·e res tous·tes deux ». Ouf, ça semble tenir la route !
Mais on n’a pas avance pour autant. Avec cette formulation chiffre e, je ne m’adresse pas davantage a deux personnes de sexe diffe rent : je ne fais que reproduire et figer cette fois dans l’e criture, par un encodage savant, la difficulte que je signalais plus haut. Une fois de crypte e, l’e criture inclusive va en effet me faire dire successivement et lourdement d’abord « chers tous deux » cette fois au sens in-tensif et restrictif (= deux personnes de sexe masculin), puis « che res toutes deux ». Autrement dit en privant le genre non-marque (dit masculin) de la fonction extensive, elle en restreint l’usage : il ne de signe plus alors que le masculin, le vrai, celui qui a des couilles. Mais cette privation fait e gale-ment disparaî tre la fonction extensive : en pre tendant enrichir et pre ciser la langue, on l’appauvrit.
Avec « Chers·e res tous·tes deux » le duo forme de deux personnes de sexe diffe rent est « invisibilisé » ! On s’adresse soit a un duo homosexue dont le sexe est inde termine , soit a un en-semble de duos homosexue s dont l’un au moins est de sexe diffe rent de l’autre ou des autres.
Re sultat de ces tentatives : on ne sait plus comment s’y prendre pour de signer conjointement un couple ou un duo de personnes dont l’une est de sexe masculin et l’autre de sexe fe minin. Alors qu’avec un genre extensif c’e tait tout simple, intelligible par tous, e conomique et e le gant.
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CQFD : l’e criture dite inclusive est exclusive – et en cette occurrence sa belle volonte de « visibilité » la voue a un sexisme de lirant qui fait obstacle a la de signation de couples he te rosexue s. Strictement partageuse elle se pare les sexes, et n’envisage pas qu’on puisse les inclure dans un me me genre, non seulement lorsqu’on les rassemble dans un groupe pas force ment pair (« chers lec-teurs, chers auditeurs, chers amis, chers adhe rents. »), mais aussi quand on les conside re en duo ou quand ils se re unissent en paires amoureuses. On peut s’interroger sur les pre tendus objectifs de « visibilisation » et de « diversité » impliquant une telle discrimination.
Que faudra-t-il comprendre de sormais au sujet des « amants de sunis » du poe me de Pre vert dont il est dit qu’ils vivaient « tous les deux ensemble » ?
Et faites gaffe quand vous e crirez « bisous a tou

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